MANUSCRIT 1735 Vaucluse L'Isle-sur-la-Sorgue Pension Favichon Notaire Provence
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- ÉpoqueLouis XV (1723-1774)
- Date1735
- LieuProvence, Avignon et Comtat Venaissin
- RubriqueManuscrits
- Référence358731688866
Description
1. IDENTIFICATION DES PARTIES PRENANTES
- Le Vendeur / Cédant : Noble Joseph Charles de Favichon, habitant et citoyen de la ville de L’Isle (L'Isle-sur-la-Sorgue).
- L'Acquéreur : Monsieur Jean-Baptiste Roulet, marchand de ladite ville de L’Isle (le même protagoniste économique que sur votre tout premier document).
- Le Notaire Rédacteur : Maître Ottier, notaire royal de L’Isle (avec sa calligraphie officielle de chancellerie et son grand paraphe distinctif en fin d'acte).
- Les Témoins Instrumentaires : Sieur Esprit Teste, bourgeois de la ville, et Sieur François Chauvet, maître maçon de L'Isle, requis pour certifier la validité de l'accord.
2. ANALYSE ET SYNTHÈSE DE L'ACTE (Style Expert)
Datation : 4 mai 1735 (Règne de Louis XV).
Nature de l'acte : Acte d'achat et cession de pension (rente) rachetable.
- Le contexte de la transaction : Ce document est un maillon central des relations financières croisées entre la noblesse locale (Favichon) et la bourgeoisie marchande ascendante (Roulet). L'officier Joseph Charles de Favichon cède ou constitue ici une pension annuelle d'un montant de quarante livres (rente perpétuelle mais « toujours rachetable »).
- Le capital engagé : Cette rente annuelle est garantie par le versement effectif d'un principal / capital de mille livres (1 000£ en monnaie de France) payé comptant par le marchand Jean-Baptiste Roulet.
- Garanties foncières : Pour parfaire cette obligation financière, le noble de Favichon procède à une hypothèque et affectation spéciale de ses biens immobiliers, notamment des maisons qu'il possède dans la ville de L'Isle ainsi que des terres ou vignes environnantes, mettant en jeu son « propre péril et fortune ».
- Mentions dorsales de classement (1735) : Le dernier feuillet comporte le titre d'archive d'époque : « Achats de pension pour monsieur Jean-Baptiste Roulet marchand de la ville de lisle Contre noble charles joseph de favichon... » suivi des rappels de compte de la même main : Capital 1000£ — pension 40£.
3. DESCRIPTION MATÉRIELLE & ÉTAT
- Format : Cahier homogène de 4 feuilles formant 8 pages manuscrites (les 6 premières pages contiennent l'acte en continu, la page 7 porte le protocole des signatures et paraphes, la page 8 sert de couverture d'archivage). Format In-8 (approx. 21 x 15 cm).
- Support : Papier chiffon du second quart du XVIIIe siècle, excellente texture mécanique, tranches frangées d'origine.
- Écriture & Calligraphie : Encre ferrogallique brune très contrastée. Magnifique lettrine initiale « S » (« Sachent tous ») mesurant près de la moitié de la hauteur de la première page, exécutée avec de complexes entrelacs à la plume par Maître Ottier.
- État de conservation : Excellent état général. Présence d'un pli central d'époque (dû au pliage de rangement d'origine), rousseurs très éparses et mineures. Le papier a conservé toute sa clarté et sa solidité.
REF EB CL 2 46 SW en lien avec l'annonce 44, 45 et 47
1. Le Personnage Central : L'Officier de Favichon
Le pivot de vos trois documents est Noble Joseph Charles de Favichon (parfois écrit simplement Charles Joseph). Il vit à L'Isle-sur-la-Sorgue sous le règne de Louis XV. C'est un homme de la noblesse locale qui a servi comme officier de marine.
2. La chronologie et l'histoire de la famille
- En 1728 (Document 2) : Le deuil et la vente immobilière
On apprend que Charles Joseph de Favichon vient de perdre son épouse, Noble Dame Claire Dusudre. Elle l'a institué son héritier universel. Pour liquider une partie de cette succession ou obtenir des liquidités, il vend une petite maison située quartier de la Bourguade à L'Isle pour 45 livres à un paysan/ménager (Claude Vian), devant le notaire Bonnet.
- En 1735 (Document 3) : L'alliance financière avec les Roulet
Sept ans plus tard, l'officier de marine a besoin d'un capital important (1 000 livres). Il se tourne vers la riche bourgeoisie marchande locale, représentée par le marchand Jean-Baptiste Roulet. Roulet lui avance les 1 000 livres, et en échange, Favichon s'engage à lui payer une rente (pension) annuelle de 40 livres. L'acte est scellé par le notaire Ottier.
- En 1737 et 1739 (Document 1) : La reconduction et le dénouement
Deux ans après, en 1737, les deux mêmes hommes (Favichon et le marchand Roulet) retournent chez le même notaire (Maître Ottier) pour signer un nouvel accord similaire de constitution de pension. Le document reste dans les mains de la famille Roulet qui écrit au dos en 1739 (la quittance finale) pour certifier que Favichon a bien payé ce qu'il devait.