Factum Mémoire 1786 Affaire du Collier de la Reine Comtesse Valois-La Motte

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  • ÉpoqueLouis XVI (1774-1789)
  • Date1786
  • Familles et personnagesRohan (cardinal de)
  • RubriqueActes royaux
  • Référence820190974814

Description

Analyse bibliographique du document - Titre complet : SOMMAIRE POUR LA COMTESSE DE VALOIS-LA MOTTE, ACCUSÉE ; CONTRE M. LE PROCUREUR-GÉNÉRAL, ACCUSATEUR ; En présence de M. le Cardinal DE ROHAN, & autres CO-ACCUSÉS. - Nature du document : Mémoire judiciaire (ou factum). Il s'agit d'un document imprimé rédigé par l'avocat de la défense pour exposer ses arguments et pièces justificatives devant la cour (le Parlement de Paris). - Année de publication : 1786. - Lieu d'édition et imprimeur : À Paris, de l'imprimerie de L. Cellot, rue des Grands-Augustins. - Rédacteur / Conseil : Me Doilot, Avocat au Parlement de Paris (qui signe la fin du mémoire, p. 62). - Éléments notables : - Avis au lecteur (page 1) : L'avocat justifie le format condensé (« Sommaire ») en raison de l'accélération de la procédure judiciaire et d'une période d'isolement de trois mois sans communication entre les accusés et leurs conseils. - Attestations d'état civil et de noblesse (page 62) : Le document contient des certifiats généalogiques délivrés en octobre 1785 par d'Hozier de Sérigny, Juge d'Armes de la Noblesse de France, visant à prouver la descendance de la comtesse de la ligne royale des Valois Identification des parties prenantes A. La principale accusée - Jeanne de Valois-Saint-Rémy, comtesse de La Motte : Descendante appauvrie d'un fils naturel du roi Henri II, elle est la maîtresse d'œuvre de la gigantesque escroquerie. Elle s'est fait passer auprès du cardinal de Rohan pour une intime de la reine Marie-Antoinette. B. La partie poursuivante - M. le Procureur Général : Le représentant du Ministère public / de la Couronne royale, chargé de poursuivre les accusés devant la juridiction criminelle du Parlement de Paris. C. Les co-accusés et figures clés citées - Le Cardinal de Rohan (Louis-René-Édouard de Rohan) : Grand Aumônier de France et évêque de Strasbourg. Naïf et désireux de rentrer dans les bonnes grâces de la reine Marie-Antoinette, il a servi d'acheteur pour le collier sur la foi de fausses lettres et de faux rendez-vous orchestrés par la comtesse. - Autres co-accusés (mentionnés sous l'intitulé « & autres CO-ACCUSÉS ») : - Marc Rétaux de Villette : Amant et complice de la comtesse, auteur des fausses lettres signées « Marie-Antoinette de France ». - Nicole d'Oliva : Une jeune femme recrutée pour jouer le rôle de la reine lors d'une entrevue nocturne dans les bosquets de Versailles. - Le Comte de Cagliostro : Occultiste et aventurier, ami du cardinal de Rohan, également arrêté puis acquitté. D. Les intervenants juridiques et administratifs - M^e Doilot : Avocat assurant la défense de la comtesse de La Motte. - Louis-Nicolas-Henri d'Hozier de Sérigny & Duplessis : Juge d'armes de la noblesse de France et son secrétaire, intervenant pour certifier la noblesse de la comtesse. 3. Contexte historique : L'Affaire du Collier de la Reine (1785-1786) Le document s'inscrit au cœur de l'Affaire du Collier de la Reine, l'un des plus célèbres scandales de la fin de l'Ancien Régime. - L'escroquerie : En 1784-1785, la comtesse de La Motte persuade le cardinal de Rohan qu'elle est une confidente de la reine Marie-Antoinette. Elle lui fait croire que la reine désire acheter en secret un collier de diamants d'une valeur fabuleuse (environ 1,6 million de livres, créé à l'origine par les joailliers Boehmer et Bassenge). Le cardinal garantit l'achat et remet le collier à la comtesse, qui s'empresse de le faire démonter pour en vendre les pierres en France et en Angleterre. - L'éclat du scandale : À l'échéance des paiements non honorés au cours de l'été 1785, la fraude est découverte. Le 15 août 1785, jour de la Assomption, le roi Louis XVI fait arrêter le cardinal de Rohan dans la Galerie des Glaces à Versailles, créant une onde de choc dans toute l'Europe. - Le Procès (1785-1786) : Au lieu de régler l'affaire discrètement, le roi défère le dossier devant le Parlement de Paris. Le procès déchaîne l'opinion publique et donne lieu à une guerre de mémoires imprimés (dont fait partie ce Sommaire). - Le verdict tombe le 31 mai 1786 : Le Cardinal de Rohan est totalement acquitté (ce qui constitue un désaveu humiliation pour le couple royal). - La comtesse de La Motte est déclarée coupable, condamnée à être battue de verges, marquée au fer rouge sur les deux épaules de la lettre « V » (pour Voleuse) et enfermée à perpétuité à l'hôpital de la Salpêtrière (dont elle s'évadera plus tard pour se réfugier à Londres). - Impact politique et portée historique : Bien que la reine Marie-Antoinette ait été totalement innocente et ignorante de toute la manœuvre, le scandale acheva de ruiner sa réputation auprès du peuple Français, qui la soupçonna à tort d'avoir participé à la conspiration ou d'avoir cherché à perdre le cardinal. Ce procès contribua largement à la dégradation de l'image de la monarchie absolue à seulement trois ans du déclenchement de la Révolution française de 1789.